Marie

Parmi toutes les Marie présentes au niveau de la généalogie de ma famille, je vais vous raconter l’histoire de ma grand-mère maternelle Marie Léonie RUFIN et la découvrir avec vous.

Ma grand-mère maternelle Marie Léonie RUFIN

Photo de Marie Léonie RUFIN , ma grand-mère maternelle

Pourquoi découvrir me diriez-vous ?

Et bien, parce que je n’ai pas connu ma grand-mère, car elle est décédée en janvier 1966 et je suis arrivée au monde en avril 1966.

Je suis curieuse de la connaître à travers mes recherches, mais surtout à partir du récit qu’en a fait ma mère, Paulette, dans son livre sur sa vie et également à partir des souvenirs de ma sœur Nicole et mon frère Frédéric.

J’ai toujours entendu ma mère me dire qu’elle lui avait caché qu’elle était enceinte de moi de peur de se faire «rouspéter » d’avoir encore fait un enfant. En effet, ma mère a eu 4 enfants (dont moi) et lorsqu’elle a accouché de mon frère Frédéric (le troisième des enfants) , sa mère, Marie Léonie RUFIN a « rouspété » en lui disant que trois enfants s’étaient beaucoup trop, que s’étaient compliqué et plein de problèmes etc. etc. …

Ma mère ne lui a donc jamais dit que j’allais arriver, ma grand-mère l’a-t-elle su avant de partir ? Je n’ai pas la réponse à cette question, mais ma mère étant enceinte de 6 mois quand Marie Léonie est décédée, il est fort probable qu’elle le savait, mais n’a jamais abordé le sujet.

Voici comment commence l’histoire de ma grand-mère maternelle Marie Léonie RUFIN: Elle est née le 17 décembre 1894 à Croix-Fonsomme, petit village rural de l’Aisne dans les Hauts-de-France (en Picardie à l’époque) , là où La Somme prend sa source.

Extrait Carte de l’Aisne de 1880

Ses Parents

Ses parents sont Gédéon RUFIN et Marie Angéla DEPARIS. Ils sont originaires de Croix-Fonsomme et se sont mariés le 18 janvier 1894 à Croix-Fonsomme, lui à 30 ans et elle 20. Ils sont manouvriers et vivent simplement.

Gédéon est un homme grand et mince (selon le souvenir de ma mère, il chaussait du 45 !!). Il aimait le sport et pendant son service militaire, il a appris l’escrime. Ensuite, il a exercé le métier de « Varlet », c’est-à-dire qu’il s’occupait de chevaux.

Je n’ai pas d’information sur sa maman Marie Angéla, car, lorsqu’elle est décédée en 1931, ma mère avait 2 ans et n’en a gardé aucun souvenir. 

Marie Léonie, leur fille unique, va naître des amours de Gédéon et Marie Angéla le 17 décembre 1894 à Croix-Fonsomme. La vie était simple et je n’ai pas de détail sur ses premières années.

Sa vie de Femme

Elle a 24 ans lorsqu’elle se marie avec Gaston Emile TONNELET le 5 septembre 1918 à Bohain-en-Vermandois. Bohain est encore en zone occupée par les Allemands, mais c’est presque la fin de la guerre et Bohain sera délivrée en octobre 1918.

Dès la fin de la guerre, comme il y a beaucoup de reconstruction à effectuer, mon grand-père Gaston TONNELET sera artisan plombier de 1919 à 1929. Pour faire son métier, il avait une voiture FORD avec un klaxon en forme de cornet.

Exemple de voiture FORD entre 1919 et 1929

Mais, à partir de 1929, avec la crise, il ne peut plus exercer son métier en indépendant et sera embauché à la mairie de Bohain en tant que plombier. Sa voiture, en panne, est reléguée dans son atelier et fera le bonheur de ma mère qui s’amusera à faire semblant de la conduire en faisant « pouet-pouet » avec le klaxon.

Ma grand-mère Marie Léonie ne travaille pas, mais elle a de quoi s’occuper avec trois enfants : Gaston né en 1919, René né en 1921 et Paulette (ma mère) née en 1929.  

Oh, tiens, curieux, elle a eu trois enfants !!!!!

Pour nourrir sa famille, elle élève des poules, des lapins, parfois un cochon, mais, comme elle aime ses animaux, elle part de la maison lorsque Gaston doit en tuer un pour faire bouillir la marmite.

Marie Léonie a également la main verte et s’occupe de son potager.

En bref, c’est une excellente mère de famille qui n’a de cesse que de s’occuper correctement de ses enfants et de ses parents.

Pour preuve, après le décès de sa mère Marie Angéla le 23 janvier 1931, son père Gédéon viendra vivre dans sa maison. Elle s’occupera de lui, même quand il deviendra sénile. Elle a eu le cœur brisé lorsqu’elle a dû le placer à l’hospice pour aller travailler.

Au début de la guerre en 1940, l’hospice a évacué sur Amiens et malheureusement, son père Gédéon est mort dans les bombardements qui ont ravagé Amiens.

Mère et Femme Courage

Marie Léonie est également une mère soucieuse de l’éducation de ses enfants.

En 1937, ils iront en famille visiter l’exposition universelle à Paris.

Même s’ils n’étaient pas riches, les enfants étaient souvent gâtés avec des jouets : ma mère avait une poupée, une petite chambre à coucher et surtout un tourne-disque avec une multitude de disques.

Marie Léonie était une mère courage qui s’est battue, en 1937, pour sauver ma mère d’une mauvaise infection suite à une écharde de ronce. Le vieux médecin de l’époque opérait l’abcès sur la table de la cuisine et donc l’infection ne guérissait pas et revenait chaque mois. Elle a donc eu le courage de lui dire stop et d’aller consulter un jeune médecin qui a soigné ma mère avec des rayons. Cela a duré une année complète, ma mère n’a pas pu aller à l’école, mais Marie Léonie assurait les devoirs à la maison.

C’était une femme courage également qui a vu son mari mobilisé en 1939, son fils Gaston, militaire de 20 ans a été fait prisonnier.

Il y a eu l’exode sur les routes vers la Bretagne avec une charrette à bras. Son fils René , 18 ans, risquait d’être pris par les Allemands. Elle a eu le courage de le laisser partir avec son vélo. Tout le monde marchait la nuit pour ne pas se faire bombarder par les avions. Le retour vers Bohain n’a pas été de tout repos : train jusque Tergnier puis le passage de la ligne de démarcation de nuit grâce à un cousin de Marie Léonie.

Ce petit bout d’histoire de ma grand-mère maternelle Marie RUFIN pendant la grande Histoire de la seconde guerre mondiale démontre tout son courage .

Aprés la seconde guerre ...

Après la guerre, Marie Léonie et sa famille ont continué de vivre dans leur maison Rue du cimetière à Bohain. Elle adorait les repas de famille et avait souvent une belle tablée :

Photo de famille avec enfants et petit enfant

Cette maman est devenue 7 fois grand-mère :

Photo de Marie Léonie entourée de Michèle en communiante , jean Marc, Alain , Bernard, Nicole , Frédéric et Christine (1961)
Photo de Marie Léonie dans son potager avec Nicole et Bernard ( 1955)
Photo de Marie Léonie avec Frédéric et quelques poules ( 1960)

Elle adorait les enfants. Mon frère Frédéric se souvient d’un œuf énorme avec un ruban bleu et un gros nœud pour Pâques. Elle adorait s’asseoir sur son pas-de-porte et écouter les enfants de la rue racontés des histoires.

Photo de Marie Léonie sur son pas de porte , enfants de la rue du cimetière

Marie Léonie est décédée le 12 janvier 1966. Elle était entourée de sa famille et malgré la dureté de sa vie et l’histoire qui a été la sienne, elle a été heureuse.

Même si elle a « rouspété » ma mère de faire trop d’enfants, elle adorait les enfants et c’est grâce à eux qu’elle a eus une vie heureuse. Je suis sûre qu’elle aurait été heureuse de me voir naître.

Marie Léonie, ma chère grand-mère, je regrette de ne pas t’avoir connu et je remercie ma maman d’avoir raconté un peu de ta vie dans son livre.

Merci d’avoir pris du temps pour lire cet article. Si vous l’avez aimé, n’hésitez pas à le partager et/ou à mettre un commentaire. 

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Cet article a 12 commentaires

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    Belle histoire de vie ! Cela donne envie car je n’ai pas connu ma grand mère paternelle et mon grand père maternel. J’étais trop jeune quand j’ai perdu mon grand père paternel et ma grand mère maternelle. Au fond de moi, j’aimerai tellement pourvoir connaître leurs histoires de vie. C’est un manque en moi. Des racines coupées. A te lire Pascale, je ressens des émotions. Magnifique article. Bravo Pascale.

    1. Merci Delphine
      La généalogie apporte beaucoup d’émotions en effet. Cf mon premier article .
      Même si on ne remonte pas très loin , il y a pleins de petites histoires à découvrir
      A bientôt

  4. Jean-Pascal

    Ces petites histoires font ce qu’on appelle pompeusement la Grande Histoire. Elles permettent de comprendre les époques à travers la vie de celles et ceux qui les ont traversées. C’est sans doute ce qui donne à l’anecdote son caractère précieux et irremplaçable. L’on peut donc affirmer que la généalogie donne vie à l’Histoire ; une sorte d’incarnation qui lui manque trop souvent.

  5. Lepreux France

    Merci Pascale de nous partager tes souvenirs et ceux de Mémé sur nos aïeux !
    J’ai eu la chance de connaître mes deux grands-mères, alors je peux comprendre que tu aies eu envie de faire des recherches pour connaître la tienne.

    1. Pascale Burnol

      Merci France , c’est tout l’intérêt et le plaisir de la généalogie : Partir à la découverte de nos aïeul(e)s

  6. Lepreux

    Merci Pascale de nous partager tes souvenirs et ceux de Mémé sur nos aïeux !
    J’ai eu la chance de connaître mes deux grands-mères, alors je peux comprendre que tu aies eu envie de faire des recherches pour connaître la tienne.

  7. Noëline

    Marie Léonie a eu une belle vie, malgré quelques périodes difficiles.
    Bel article, bien illustré avec de magnifiques photos. J’ai un petit faible pour les photos des années 50-60 😊

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